Les défis à venir du Grand Paris

Alors qu'il vise à transformer l'agglomération parisienne, le projet du Grand Paris fait face à ses premiers défis. Entre enjeux politiques, aléas économiques et interrogations techniques, ce chantier hors norme voit déjà son budget et son calendrier chamboulés. L’occasion de se pencher sur les défis du Grand Paris.

Grand Paris, le pari de tous les défis

Lancé en 2008, le projet du Grand Paris semble démesuré sur le papier : 4 nouvelles lignes de métro, 200 kilomètres d’extension et 68 nouvelles gares. Portant sur 20 ans, ce chantier devrait également permettre de gagner 450 milliards d'euros de PIB et de créer entre 100 000 et 500 000 emplois en région francilienne. Sauf que derrière les chiffres annoncés se cachent d'ores et déjà quelques problèmes. Le premier est d’ordre budgétaire. Alors que le Supermétro et ses nouvelles gares ont été annoncés à 26 milliards d'euros, les premiers retours d'expérience chiffrent le projet entre 28 et 35 milliards d’euros. Conséquences ? La dette de la région risque de s'en voir alourdie, tout comme les taxes fiscales payées par les habitants d'Île-de-France. Outre la question économique, le projet du Grand Paris Express fait face à un autre défi : le calendrier.

Le Grand Paris face à ses premiers aléas

Si la sonnette d’alarme a déjà été tirée pour ce qui est du budget, la question des délais à respecter commence également à être posée. En effet, plusieurs tronçons de lignes risquent déjà d'être retardés, tels que la ligne 18 (entre Versailles et Saclay) et la ligne 17 (entre l’aéroport Charles-de-Gaulle et Gonesse). Quant à la ligne 16, située à l'est d’Aulnay-sous-Bois, ses travaux risquent également d'être ralentis. Et ce ne sont pas les difficultés rencontrées sur la ligne 14, à proximité de la mairie de Saint-Ouen, qui vont rassurer. Pourtant, tout retard de construction du Grand Paris semble inenvisageable. Il faut dire que l'obtention des Jeux olympiques de 2024 et l'organisation de l’Exposition universelle en 2025 reposent sur ces futures infrastructures. De plus, certaines lignes comme la 17 et la 18 devraient avoir une rentabilité socio-économique bien supérieure aux premières estimations, dans la mesure où elles desserviront des pôles économiques majeurs et des territoires où des habitations sont déjà en construction. Une double question se pose donc : où faire des économies, et quels chantiers privilégier ? Pour le moment, tout laisse croire que le calendrier suivra son cours et que le budget sera dépassé.