Les tables rondes

De gauche à droite : Jean-Christophe Tortora, président de La Tribune, Nicole Goueta, maire de Colombes et présidente de l’Établissement Public Territorial Boucle Nord de Seine, Pierre Bédier, président du conseil général des Yvelines, Xavier Haquin, président de Val d’Oise Habitat, Yves Chazelle, directeur général du groupe SNI

Yvelines, Hauts-de-Seine, Val d’Oise : quelles opportunités pour le Grand Ouest du Grand Paris ?

Axée sur les enjeux du «Grand Ouest» parisien, cette table ronde a permis d’évoquer longuement le logement intermédiaire, une offre conçue pour répondre aux besoins spécifiques des ménages qui n’ont pas accès au parc social mais dont les ressources sont insuffisantes pour se loger correctement sur le marché libre dans les grandes villes et sur les marchés tendus, où les loyers ont fortement progressé ces dernières années. Avec des écarts pouvant aller jusqu’à 50 % entre loyers sociaux et loyers libres, le « Grand Ouest » parisien est le territoire idéal pour développer l’offre de logement intermédiaire. Avec ses loyers inférieurs de 15 % aux prix de marché, le logement intermédiaire constitue « un produit intelligent et une réponse aux besoins des classes moyennes », a confirmé Pierre Bédier, président du conseil général des Yvelines. « Il permet par ailleurs de créer de la rotation dans le parc social via le départ de ménages qui peuvent désormais se loger ailleurs ». Un avis partagé par Nicole Goueta, maire de Colombes et présidente de l’Établissement Public Territorial Boucle Nord de Seine,  pour qui le logement intermédiaire est un complément indispensable au logement social, et par Xavier Haquin, président de Val d’Oise Habitat : « La politique de peuplement est un enjeu essentiel. (…) Il y a un équilibre à trouver entre logement social et logement intermédiaire sur l’ensemble du territoire, notamment à l’échelle intercommunale ». 

De gauche à droite : Jean-Christophe Tortora, président de La Tribune, François Garay, maire des Mureaux, Nicolas Grivel, directeur général de l'ANRU, Hervé Gay, directeur général de Citallios, Manuel Flam, directeur général du groupe SNI et président du directoire de Grand Paris Habitat

ANRU 2 : le renouvellement urbain du Grand Paris des quartiers va-t-il réussir ?

Alors que le PNRU s’achève, cette table ronde est revenue sur cet ambitieux programme, qui a modifié le paysage urbain de nombreux quartiers et dans lequel le groupe SNI a investi plus d’un milliard d’euros, avant de détailler les enjeux et les défis à relever dans le cadre du NPNRU. 

La question du financement des démolitions a été posée par Manuel Flam, directeur général du groupe SNI et président du directoire de Grand Paris Habitat, qui a déclaré que, malgré des règles moins favorables avec le NPNRU (les démolitions étant désormais moins bien financées que dans l’ANRU 1, limitant en conséquence le potentiel de construction et de réhabilitation des bailleurs), « le groupe SNI, acteur immobilier au service de l’intérêt général, se doit de répondre présent autant que possible » et qu’il prendra en charge 400 démolitions environ. 

L’épineuse question de la reconstitution de l’offre en dehors des sites a également été posée permettant de souligner la nécessité de reconstruire autrement – en diminuant ainsi la part de logements sociaux dans certains secteurs – et de démontrer que cette question rejoint la problématique plus globale de la recherche d’un meilleur équilibre de production et de répartition des logements sociaux sur un territoire donné.

Enfin, les participants ont insisté sur la nécessité d’assurer une cohérence entre les différents flux d’investissement. Transports, logement, éducation, offre de loisir, équipements publics… Le renouvellement des quartiers n’est pas une simple question d’immobilier ; il devra nécessairement tenir compte de l’ensemble de ces problématiques. « Nous devons raccrocher ces quartiers à une dynamique positive, les insérer dans une stratégie de l’habitat qui dépasse le seul quartier » a expliqué Nicolas Grivel, directeur général de l'ANRU. « Il faut penser les quartiers dans leur interaction avec le reste de la commune, voire de l’intercommunalité (…), dans cet objectif commun de construction d’un développement économique, social et territorial fluide et harmonieux ». Un constat partagé par François Garay, maire des Mureaux : « Arrêtons de parler de quartiers, il faut parler de démarche globale, territoriale. L’enjeu sur l’ANRU 2 est le décloisonnement des quartiers ». Un décloisonnement qui passe - entre autres - par une anticipation des problématiques de transports et de services publics : « Les équipements doivent être construits avant l’arrivée des habitants ».

De gauche à droite : Jean-Christophe Tortora, président de La Tribune, Étienne Guyot, directeur général de la CCI Paris Île-de-France, André Yché, président du directoire du groupe SNI et président du conseil de surveillance de Grand Paris Habitat, Marianne Louradour, directrice régionale pour l’Île-de-France de la Caisse des Dépôts, Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris

Investir dans le Grand Paris : comment faire ? quels projets ? 

Dans la lignée de la précédente table ronde, André Yché, président du directoire du groupe SNI et président du conseil de surveillance de Grand Paris Habitat, a développé sa vision des écueils à éviter et des solutions possibles pour financer l’émergence d’une métropole, tout en insistant sur « la nécessité de repenser le modèle économique pour une convergence des flux financiers (économique, habitat, tertiaire, etc.) ». Avec en ligne de mire l’émergence d’une métropole attractive, où primera la qualité de vie. Car c’est aussi là l’enjeu du Grand Paris : créer une ville où il fait bon vivre. Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris, rappelait à ce titre une étude réalisée par Cadremploi en 2015, dont le constat était sans appel : 8 cadres franciliens sur 10 déclaraient vouloir quitter Paris, pour s’installer et travailler en région. « Il faut réussir à offrir [à ces cadres] des conditions de vie agréables : des temps de transport plus courts et une offre de logements de qualité ». 

Transports et logements : les deux enjeux clés du Grand Paris pour Étienne Guyot, directeur général de la CCI Paris Île-de-France. « Outre les transports, le Grand Paris ne réussira pas sans la dimension "logements" et les maîtres mots en la matière sont proximité et mixité : proximité - avec cet objectif de loger les franciliens au plus près des transports en commun et des lieux de travail - et mixité, en réussissant la mixité fonctionnelle des logements et des activités (commerces, tertiaire, etc.) ».

Si la vision est claire, le chemin pour y parvenir est encore semé d’embûches : Etienne Guyot constatait ainsi que « si 91 % des entreprises connaissent le projet du Grand Paris, seuls 25 % considèrent qu'il aura un impact sur leur activité ». Un effet de levier bien faible pour un projet si ambitieux. « Il est essentiel de mieux faire connaître le projet et de davantage réussir à convaincre les entreprises en leur donnant de la visibilité et en leur montrant que les choses avancent et que des projets sont lancés ».